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B/ La discrimination

Exemple de dérision face à l’obésité.

Source de l’image : dessinsdechard.free.fr

Les personnes obèses ou en surpoids souffrent beaucoup de discrimination que ce soit à l’école ou dans le monde du travail. En effet, elles sont perçues laides, sans volonté, responsables de leur excès de poids et incapables de restreindre leur alimentation. La plupart des personnes non obèses pensent qu’il suffirait de manger moins pour maigrir.

On appelle cette forme de discrimination « grossophobie ».

1) A l’école

(Aucune source « fiable » a été trouvé pour cette partie, en effet, malgré de nombreuses recherches nous avons juste trouvé quelques expériences personnelles venant d’internautes, mais aucune information venant du Ministère de l’éducation ou encore d’instituts statistiques tel que l’INSEE)

La discrimination face à l’obésité est sûrement la plus importante pendant la période scolaire.

En effet, c’est plus précisément pendant cette période que cette forme de discrimination est plus présente avec le rejet des autres.

Mais, elle  se fait d’autant plus forte au collège au moment où tout adolescent se construit, se trouve de « vrais » amis, mais aussi où il connait ses premières sorties, qu’elles soient au cinéma ou encore aux soirées.

L’adolescent a « moins de chance » de se faire des amis lorsqu’il est obèse. Il connait, la plupart du temps, des surnoms péjoratifs allant de « Babe » à « gros porc », avec des surnoms quelques fois beaucoup plus insultants …

Par conséquent, dès le plus jeune âge, les adolescents obèses se braquent contre les autres et ne profitent pas de la même façon de leur jeunesse que les autres ayant un IMC normal.

Ce rejet engendre donc des frustrations telles que la perte de confiance en soi, la peur de sortir et se confronter aux regards des autres, la difficulté dans les études, mais aussi des difficultés à lier des relations amicales ou amoureuses.

Cependant les adolescents « non obèses » ne se rendent pas forcément compte du mal qu’ils peuvent faire puisque selon eux toutes ces insultes ne sont que plaisanteries.

Cette attitude est renforcée par l’idée générale, venant des médias plus particulièrement, que pour qu’une personne soit belle, elle doit être forcément mince.

C’est pour cela donc, qu’en luttant contre l’obésité et contre les discriminations, tous les jeunes obèses connaitront une enfance plus normale, que celle qu’ils peuvent avoir actuellement.


2) Au travail

Après l’école, la discrimination se poursuit de façon choquante dans le milieu du travail. Cet état est particulièrement démontré au moment de l’embauche. L’apparence physique des personnes obèses occulte leurs compétences, quand celles-ci ne sont pas niées ! Le recruteur, inconsciemment, perçoit les personnes obèses comme sans volonté (leur laisser-aller physique l’atteste !) et sans dynamisme, deux attitudes incompatibles avec les objectifs compétitifs d’une entreprise…

Si l’obstacle de l’embauche est passé, l’impact négatif des kilos se poursuit. Les sujets obèses ont un accès plus difficile à l’enseignement supérieur, un niveau de revenu plus faible et une promotion plus lente. Les femmes sont plus particulièrement touchées. En revanche, les adultes qui étaient obèses jeunes ont une meilleure réussite professionnelle, ce qui suggère que l’obésité n’était pas un facteur aussi discriminant dans les années 1980 qu’aujourd’hui…

La grande majorité des emplois occupés par les sujets obèses ne reposent pas sur l’apparence. C’est ainsi qu’ils sont davantage présents dans les secteurs de la santé et de l’action sociale (aide-soignant, éducateurs, administration). Deux mécanismes se superposent très certainement : l’embauche dans des domaines misant sur l’apparence se ferme aux obèses, tandis que ces derniers évitent pertinemment de postuler pour de tels emplois qui leur seraient de toute façon refusé.

Cette étude est de Isabelle Eustache en Juillet 2004.

Analyse sociologique conduite par le Pr Arnaud Basdevant, nutritionniste à l’Hôtel-Dieu de Paris et enfin de Jean-Pierre Poulain, sociologue à l’Université de Toulouse.

Pour étudier de façons plus précises la discrimination de l’obésité dans le milieu professionnel, nous nous appuierons sur l’étude de Jean-François Amadieux qui est le Directeur du Centre d’Etude et de Recherche sur les Organisations et la Gestion des Relations Sociales(CERGORS), le Directeur de l’Observatoire des Discriminations ainsi que Professeur agrégé en Sciences de gestion à l’Université de Paris I, Panthéon Sorbonne.

Dans son étude, Jean Francois Amadieux veut montrer qu’une personne obèse ou en surcharge pondérale à beaucoup plus de mal a obtenir un emploi qu’une personne « normale ».

Pour le démontrer, J-F Amadieux et son équipe ont envoyé des couples de CV quasi identiques concernant 100 offres d’emploi de commerciaux et 100 offres de télévendeurs.

La méthode utilisée est celle de « l’audit par couple » : Pour une même offre d’emploi dans l’un des deux types d’emploi testés, on envoie la candidature de deux candidats à compétences égales mais cependant différents par une caractéristique, la surcharge pondérale.

Les quatre candidats sont :

* Un candidat commercial avec un physique standard

* Son pair (profil de commercial) avec une surcharge pondérale

* Un candidat télévendeur avec un physique standard

* Son pair (profil de télévendeur) avec une surcharge pondérale

L’audit se fait entre chaque candidat et son pair. Pour augmenter davantage l’objectivité de la recherche et améliorer la comparabilité entre les couples, J-F Amadieux et son équipe ont réalisé des transformations informatiques sur le visage de chaque candidat de physique standard pour obtenir des visages où la surcharge pondérale est visible.


L’aspect général du physique des couples de candidats est ainsi maintenu puisque les traits du visage sont quasiment identiques. Le seul élément différenciant les couples de candidats est l’existence ou non d’une surcharge pondérale.
La photo de notre premier candidat commercial sans surcharge pondérale est la suivante:
(Sur demande de l’intéressé, cette photo est volontairement déformée)
Candidat commercial de référence  après transformations sur la tenue vestimentaire

On obtient après transformation informatique la photo suivante :
Candidat commercial N°2 après transformation informatique.
Le premier candidat télévendeur ne subira au départ que des transformations simples sur les teintes de sa tenue vestimentaire pour la différencier avec celle du candidat avec surcharge pondérale. Ce premier candidat télévendeur est le candidat sans surcharge pondérale.
Candidat télévendeur après transformations binaires


(Sur demande de l’intéressé, cette photo est volontairement déformée)


On obtient après transformation la photo suivante :
Candidat télévendeur
Caractéristique : surcharge pondérale.

La composition et la taille de l’échantillon se résument dans le tableau suivant :

Les CV ont été envoyés par courrier électronique en juillet 2005.

Le tableau des résultats des réponses concernant les candidats avec surcharge pondérale et ceux sans surcharge pondérale se présente comme suit :

Résultats :

Les candidats obèses ont en moyenne 2 fois moins de chances d’obtenir un entretien d’embauche.

Répartition des réponses selon la caractéristique du candidat :

Le graphique montre que 57% des réponses reçues par les candidats n’ayant pas une surcharge pondérale sont affirmatives tandis que seulement 29% des réponses sont affirmatives pour les candidats ayant une surcharge pondérale.

L’étude confirme la discrimination dont sont victimes les personnes en surcharge pondérale et celle-ci concerne aussi bien les commerciaux en contact avec le client que les télévendeurs dont le seul contact avec les clients se résume à un téléphone.
Un obèse reçoit 3 fois moins de réponses positives pour un poste de commercial et 24 % de réponses positives en moins pour un poste de télévendeur.

Cette étude nous prouve bien qu’une personne obèse ou en surcharge pondérale n’a pas les mêmes chances qu’une autre n’ayant aucun problème d’ordre physique.

De plus la discrimination liée à l’aspect physique est révélatrice de l’idée que se fait la société de l’obésité. En effet, si l’on est obèse, les autres ne nous acceptent pas et il est donc difficile de trouver un travail.

Dans ce contexte, je trouve donc que la proposition gouvernemental visant à la suppression de la photographie du candidat sur son CV est une bonne chose et permet aux personnes obèses d’être embauchées ou du moins recontactées par l’entreprise pour ses compétences et non pour son aspect physique.

Pour conclure,  cette étude confirme à nouveau l’ampleur des discriminations permises par les informations figurant sur un CV. La suppression des photos sur les CV semble urgente pour lutter contre ces discriminations.

Cette étude de François Amadieux a été trouvé sur ce site : observatoiredesdiscriminations.fr
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