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Archive for the ‘D/ Les facteurs économiques’ Category

Selon des analyses proposées par les économistes qui confirmeraient l’idée que lorsqu’un produit change de prix cela aurai un impact non négligeable sur les comportements de chacun, elles montreraient également les évolutions de récentes variables économiques qui seraient favorable à la prise de poids. En effet, le coût des aliments étant en baisse, le temps de préparation diminuant, le coût de la dépense physique s’accroissant et la valeur du temps augmentant, ces éléments sont propices au développement de l’obésité considéré aujourd’hui comme une épidémie.

Derrière cette évolution de comportements se trouve la puissance des facteurs économiques qui permet de comprendre pourquoi les chances de succès politiques purement informatives seraient faibles. Pour obtenir  un changement de  comportement à long terme il faudrait canaliser les facteurs économiques déterminant les choix alimentaires et l’activité physique à travers des mécanismes incitatifs (qui comme leur nom l’indique incitent dans ce cas précis à la consommation).De tels mécanismes existent mais avant de les examiner, il faut se poser la question de la légitimité de l’intervention et en particulier se poser la question si l’évolution actuelle résulte ou non d’arbitrages délibérés d’une fraction croissante des consommateurs en faveur de leur satisfaction personnelle et immédiate plutôt que de leur santé à long terme.

Pour Cutler au contraire le développement de l’obésité est plus du à une consommation calorique excessive qu’à une baisse de l’activité physique. Bien évidemment pour ces auteurs aussi  l ‘innovation technique joue un rôle moteur dans la consommation .C’est cette innovation qui a permis à la fois la baisse du prix direct des aliments et la diminution du temps nécessaire à la préparation de ceux-ci. Le résultat est une diminution considérable du cout total supporté par les individus pour accéder à des aliments prêts à consommer.

Les conséquences de cette baisse du prix des aliments sont claires :les prises alimentaires se sont multipliées et l’augmentation des calories ingérées est due uniquement aux prises alimentaires en dehors des repas, les quantités consommées au cours des repas n’ayant pas augmenté. C’est le développement d’aliments plus élaborés, et pour finir ce sont les individus qui ont le plus bénéficiés de la baisse du prix complet des aliments qui ont le plus de poids, en particulier les femmes mariées (Cutler ).

L’omniprésence dans l ‘environnement des consommateurs d’un nombre croissant de produits prêts à être consommés affecte de deux manières la consommation: la première est le mécanisme de l’effet prix classique, se traduisant par un accroissement du bien-être des consommateurs. La deuxième prend en compte le degré de contrôle de soi qui explique que tous  les individus ne réagissent pas de manière semblable à cet environnement saturé en aliments. Pour les individus ayant du mal à se controler, la baisse du prix complet des aliments peut entrainer une diminution du bien-être si la consommation excessive s’accompagne d’une prise de poids non désirée.

Face à l’actuelle épidémie d’obésité infantile, la question du rôle de la publicité dans les choix alimentaires des enfants est posée. Un rapport britannique  analyse à partir d’une centaine d’études sur la publicité alimentaire destinée aux enfants, ses effets sur leur savoir, préférences, comportements alimentaires et sur leur santé.

Le spot télévisé – bien qu’en légère décroissance ces dernières années – reste le support le plus utilisé (autres moyens : marketing à l’école, sponsorisation d’événements, Internet, remises sur les prix, etc.). Les aliments vantés ne sont généralement pas ceux recommandés dans le cadre d’une alimentation équilibrée : céréales de petit-déjeuner pré sucrées , boissons sucrées, confiseries, snacks et fast-foods. Les thèmes utilisés sont ceux du jeu, du plaisir ou du goût plutôt que celui de la santé. La publicité télévisée a donc peu d’influence sur les connaissances des enfants en matière d’alimentation équilibrée. En revanche, elle a un impact sur leurs préférences alimentaires, leur comportement d’achat et, dans certaines conditions, leurs consommations.

Un rapport américain de 2006  reprend les conclusions du précédent et émet quelques recommandations afin de promouvoir de plus saines habitudes alimentaires auprès des enfants. Il insiste sur la forte influence des spots télévisés sur les comportements alimentaires des enfants âgés de 2 à 11 ans. Après cet âge, les liens sont moins évidents. De même qu’un rapport de l’OMS, il analyse les moyens de contrôle de la publicité sur les produits alimentaires selon les pays. Deux systèmes peuvent coexister : une régulation institutionnelle sous contrôle de l’Etat et/ou un autocontrôle par les industriels, les publicitaires… (en France : Bureau de vérification de la publicité). Il s’agit alors généralement d’un code de bonnes conduites, auquel adhèrent ou non les industries, et qui a pour but d’éviter la tromperie du consommateur et, chez les enfants, l’utilisation abusive de la crédulité inhérente à leur jeune âge.

Si les systèmes d’ autocontrôle peuvent éviter une publicité trompeuse, abusive ou mettant l’enfant en situation de surconsommation, en revanche, elle ne peut pas éviter la diffusion répétée d’un message publicitaire en lui-même anodin (enfant mangeant deux ou trois biscuits lors d’un goûter) auquel l’enfant peut être exposé tout au long de la journée. Pourtant, les effets néfastes d’une telle publicité ont été mis en évidence.

En effet, l’analyse de l’impact des spots publicitaires télévisés diffusés auprès des enfants jusqu’à 12 ans dans dix pays (Etats-Unis, Australie et huit pays d’Europe), selon leurs durée, fréquence et choix des produits, donne des résultats édifiants. L’alimentaire occupe 38 à 84 % du total des publicités, et celles vantant les produits riches en sucres et/ou en graisses sont fortement et positivement corrélées à un surpoids chez les enfants qui en étaient la cible ! A l’inverse, et plus modestement, plus le nombre de spots pour aliments « sains » augmente, plus le surpoids diminue. Outre le contenu du message publicitaire, c’est aussi et surtout le nombre de diffusions qui doit être contrôlé !

Les études sur le rôle de la publicité dans les choix alimentaires des enfants, bien que peu nombreuses, mettent en évidence son influence indéniable sur leurs comportements.

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